Trace: cyclotourisme

Introduction

Je ne prétends pas être un cyclotouriste chevronné (se rapprocher pour cela d'un des nombreux groupes locaux ou consulter les revues spécialisées comme Cyclotourisme). il s'agit ici de retours d’expérience de cyclotourisme “pépère” et familial pouvant intéresser tout un chacun amateur de plein air et de vacances quasi gratuites sans se sentir obligatoirement l'âme d'un explorateur ni disposer de capacité physique surhumaine. Cela fait maintenant cinq ans qu'avec ma petite famille (ma conjointe et nos enfants de cinq et sept ans cette année) nous aimons parcourir un bout de France durant une dizaine de jours environ. Nous avons parcouru : le canal de Nantes à Brest (en partie); la Loire à vélo en deux ans : Nantes-Tours puis Tours-Nevers; le tour de Bourgogne que vous venons d'achever en deux ans : Nevers-Dijon par Chalon-sur-Saône puis Dijon-Decize par Auxerre. Des voyages de 300-400 km environ. Pour nous, le cyclotourisme, c'est :

  • des vacances difficilement “ratables” car assez indépendantes de la météo. Même cette année (2014) qui eu l'été le plus pluvieux depuis 1959 dixit Météo France, nous avons fortement apprécié nos vacances. Nous sommes heureux quand il fait très beau mais un temps nuageux permet de rouler mieux et la pluie ne gène que peu ;
  • de la variété et de nombreuses rencontres : l’itinérance permet de découvrir de nombreux lieux différents, de changer d'ambiance tous les jours ;
  • autant de pollution en moins par rapport à la voiture. Ce mode de transport doux permet d'être au contact permanent de la nature et de s'arrêter très souvent pour observer les animaux avec les enfants ;
  • un moyen de faire un peu de fitness (doux) excellent pour le coeur et la silhouette. Bon sommeil garanti ;
  • un prix imbattable : une fois un minimum de matériel acheté (ou loué), ce sont des vacances qui ne coûtent presque rien (sauf si bien sûr vous vous payez des restaurants tous les soirs ou si vous logez à l'hôtel).

Si vous débutez, je vous conseille (comme nous) de commencer par louer le matériel qui vous manque avant d'investir. Il est facile de trouver des locations de remorques, sacoches, vélo, voire tentes. Vous pouvez aussi emprunter du matériel à des amis pour vous faire une idée.

Attention sur les estimations que je donne ici : dans notre cas, les enfants ne pédalent pas (encore), il n'y a que les parents qui pédalent et les enfants sont portés en remorque ou sièges enfant

Quelques repères pour préparer son voyage

  • Les deux grands ennemis du cyclotouriste sont le vent et les voitures :
    • avant de partir, consultez les cartes de vents dominants et partez si possible avec le vent dans le dos. Par exemple la Loire à Vélo est souvent présentée dans les guides de Nevers vers l'océan alors que les vents sont nettement orientés à l'est l'été.
    • il faut rester très prudent et limiter les trajets partagés avec les véhicules motorisés. Ils sont inévitables mais sur les parcours aménagés, ils sont limités à quelques dizaines de km. Choisir son itinéraire en fonction.
  • Nous effectuons toujours un mini-voyage d'un week-end environ quelques semaines avant le grand départ pour roder le matériel vélo et camping et nous nous en félicitons grandement !
  • Notez vos statistiques personnelles (km parcourus, vitesse moyenne…) dans un carnet de route, ce qui vous permettra de disposer d'indicateurs fiables pour le prochain voyage ;
  • Attention à ne pas être trop ambitieux pour un premier voyage (surtout si vous avez des réservations d’hébergement), mieux vaut faire moins de kilomètres et rester frais.
  • Allez-vous faire un allez-retour ou un aller-simple avec retour en train ? Pour notre part, nous avons toujours choisi la seconde option.
  • Quelle distance moyenne peut-on parcourir dans une journée avec des enfants ? Entre 30 et 60 km selon le vent, le type de revêtement et le dénivelé.
  • Combien de temps peut-on rouler effectivement ? nous roulons effectivement 3 à 4h30 par jour. Prévoir les visites. Il est difficilement envisageable de faire plus de 5h/J avec des enfants. A noter qu'on passe en fait plus de temps sur le vélo : 5/6h même si on ne roule pas à cause de toutes les minipauses : boire, pipi, regarder la carte, mettre la tenue de pluie…
  • Quelle vitesse prévoir ? C'est très variable, nous comptons 12km/h de moyenne pour du plat et un revêtement de qualité moyenne. Prévoir avec des remorques 6-7km/h sur sentier empierré (graviers), 8-9 km/h sur du chemin de terre, 10km/h sur du sol stabilisé, 11-13km/h sur un enrobé lisse (bitume), 14-16km/h sur un bon enrobé lisse de qualité “roller” (sur du plat et avec un vent faible).
  • les parcours longent souvent des cours d'eau et sont réputés “plats”, mais attention :
    • les guides oublient souvent de mentionner les brefs mais forts dénivelés liés aux ponts ou aux écluses (à noter qu'il est quelque fois possible d'éviter ces côtes quand l'ouvrage est équipé d'un passage latéral)
    • au bord des fleuves et rivières, tout détour dans l'intérieur des terres se traduit en général par de bonnes côtes… Vérifiez les courbes de niveau sur la carte…
  • Selon moi, les facteurs principaux jouant sur la vitesse (sur du plat) sont par ordre décroissants :
    • le type de revêtement;
    • le vent ;
    • la forme physique.
  • Il y a bien d'autres facteurs : le chargement poids et sa prise au vent, le nombre de roues en ligne (en cas de remorques). Il est également préférable de partir entre coéquipiers de même niveau même si ce n'est pas une obligation.
  • Cela peut sembler évident mais il faut partir LEGER. Je me souviens de mon premier voyage en vélo ado : j'étais partis avec au moins 5 kg de boites de conserve ! Bien que le poids ne soit pas aussi important que pour les randonneurs, il faut faire une chasse sans pitié à l'inutile. Dans le doute, ne pas emmener. Penser aussi au volume : la taille des sacoches est limitée ! En particulier, il est difficilement envisageable de rouler avec plus de 1 ou 2 jours de nourriture. Prévoir des ravitaillements fréquents (quasi-quotidiens).

Le transport jusqu'au départ

A moins que vous partiez de chez vous (le mieux), il va falloir vous rendre au point de départ. Nous utilisons en général le train, ce qui reste la meilleur option (après avoir testé la voiture deux étés).

  • Avantages du train : rapide, assez économique avec cartes de réduction, beaucoup moins fatigant, plus sûr, plus écologique coté émissions de gaz à effet de serre. La SNCF commence à jouer le jeu et a affrété cette année (2014) un wagon 'La Loire à vélo' pouvant accueillir les vélos et remorques. Voir aussi ceci. A noter qu'il existe un écart entre le personnel “front-office” peu au fait de ces questions qui vous dira en général que les remorques sont interdites et les chemineaux eux-mêmes plus conciliants et vous aidant souvent même, par exemple en vous permettant de traverser les voies (en leur présence) pour éviter les escaliers.
  • Inconvénients du train : assez pénible et stressant pour charger/décharger les vélos lors d'un arrêt de 5 mins dans une gare hors terminus; cher sans cartes de réduction; très pénible si on doit faire des changements. A noter également que les remorques sont en principe interdites et vous pouvez rester sur le quai en cas d'affluence ou de chef de gare pointilleux (cela arrive vraiment et c'est parfois justifié en cas d'affluence dans le train). Pour limiter les risques et faire le voyage plus agréable, nous choisissons de partir et de rentrer en semaine ou le week-end à des heures de faible affluence.
  • Avantage de la voiture : moins stressant car on part quand on le désire; pas de changements; potentiellement moins cher que le train pour une famille.
  • Inconvénients de la voiture : voyages souvent plus longs; empreinte écologique plus importante que le train; nombreuses disputes avec le/la conjoint(e) sur le choix de l’itinéraire et la lecture de la carte ;-); enfants odieux à occuper; on arrive fatigués et se pose alors cette question : où laisser sa voiture 10J sans se la faire voler ou mettre en fourrière et sans se ruiner en parkings ? Le mieux est de laisser sa voiture à un camping, prévoir quelques dizaines d'euros pour 10J.

L’hébergement

  • Nous dormons en général au camping (entre 9 et 20€ la nuit). Il est conseillé de réserver mais dans les faits, c'est inutile pour une ou deux tentes (sauf dans les zones hyper-touristiques). Mieux vaut rester indépendants et décider de l'endroit où dormir au jour le jour pour ne pas se mettre la pression. A noter que la réception de la plupart des campings ferme vers 18h00 à 19h00 mais qu'il est en général possible de s'installer et de payer le lendemain (ce que nous faisons souvent). Attention : de nombreux campings, même municipaux ne figurent pas sur les pages jaunes car il n'ont qu'une ligne portable. A l'inverse, certains campings ont fermé depuis les années précédentes mais figurent encore sur les panneaux et les guides, ce n'est vraiment pas une science exacte. Il arrive souvent à avoir à faire 10 ou 20km de plus pour trouver un camping ouvert car le camping convoité a fermé. Je vous conseille de constituer à l'avance une liste de campings ouverts sur votre parcours en consultant les pages jaunes, les sites (recherche sur Internet) et en appelant les syndicats d'initiative.
  • Il nous arrive également de bivouaquer quand nous sommes trop éloignés d'un camping prévu initialement. Pour dormir sur une parcelle privée (champs par exemple), il est préférable dans ce cas de demander la permission au propriétaire du terrain. Il est possible de se laver un minimum avec un gant de toilette et de l'eau que l'on peut chauffer facilement avec un réchaud. Certains cyclotouristes bivouaquent beaucoup, mais avec des enfants, mieux vaut se limiter.
  • A l'opposé, de nombreux cyclotouristes préfèrent dormir sous un toit en dur : soit hôtels / chambres d'hôte (à réserver longtemps à l'avance), soit une variante intéressante (que l'on n'a pas encore testée) et qui n'est pas plus cher que le camping : le gîte d'étape. C'est une sorte d'auberge de jeunesse du cyclotouriste. L'avantage principal de ces formules est de voyager beaucoup plus léger sans le matériel de camping. Un des inconvénients est que contrairement aux campings en général au bord de l'eau, il faut souvent faire un détour et monter des côtes et ils sont plus difficiles à trouver. En outre, on n'a pas le choix et il faut rejoindre l'hébergement même sous la pluie, même en cas de crevaison etc.
  • Une autre option que nous avons découvert l'année dernière en discutant avec un papa très sportif est le camping-car ou la caravane : en fin de journée, un adulte fait le chemin de la journée en sens inverse (beaucoup plus rapidement sans les enfants ;-) ), retrouve son camping-car, y charge son vélo, démarre son véhicule et retrouve le reste de la famille qui l'attendait. A reserver aux plus sportifs.

La sécurité

  • Il convient d'être très visible et sécurisés : casque, chasuble réfléchissante, feux allumés, fanions sur les remorques ;
  • Soyez particulièrement prudent si vous n'êtes pas un cycliste habituel, préparez vous quelques semaines avant le départ sur de petits trajets, idéalement pour vous rendre à votre travail ;
  • Avec le chargement le centre de gravité change, cela nécessite de la force dans les bras : attention aux arrêts où le vélo tombe facilement malgré la béquille. Il est possible d'ajouter (c'est mon cas) une béquille avant pour soutenir la roue avant, même avec des sacoches.
  • Traversez les routes pied à terre pour être plus réactif et ne pas oublier la remorque derrière vous qui ne doit pas dépasser sur la route si vous vous arrêtez après avoir traversé.
  • Attention à ne pas oublier d'enlever ses béquilles, il est facile d'oublier en particulier sa béquille avant si on n'en n'a pas l'habitude (je suis tombé ou j'ai failli tomber plusieurs fois de cette façon).
  • Je n'attache pas les enfants sur les sièges vélo et les remorques lorsque je longe les canaux en cas de chute dans l'eau mais je les attache en dehors ;
  • Prévoir des écarteurs de voiture, ce dispositif fonctionne bien et les voitures doublent alors en passant par la voie de gauche.
  • Vérifiez bien votre éclairage avant et arrière. Privilégiez les dynamos dans le moyeu et les lampes à LED (et pas halogène plus fragiles).
  • Notez les numéros importants (numéro d'opposition bancaire, rapatriement médical…) et gardez ces numéros à l'écart de votre portefeuille (dans une sacoche par exemple).
  • Il est possible de prévoir de petits cadenas pour les tentes mais cela reste bien dérisoire et de l'ordre du sceau plutôt que de la protection anti effraction. Notez qu'en cyclotourisme, il est impossible de tout sécuriser, en particulier lorsque vous laissez les vélos avec leurs sacoches pour une visite par exemple. Nous ne nous sommes jamais rien fait voler mais dans un endroit sensible, il faut rester avec son équipement. Contrairement à ce que je préconiserais le reste de l'année, c'est à dire le bon vieux U (seul type d'anti-vol vraiment efficace à ma connaissance), je préconise ici de limiter le poids et de prévoir de simples câbles anti-vols plus longs et plus légers et servant simplement à éviter le vol d'opportunité. En effet, il est souvent difficile d'attacher équipé à un point fixe et il est trop long de sécuriser tout le 'convoi' à chaque arrêt. La nuit, on dort à coté des vélos…
  • Prévoir une solide trousse à pharmacie (voir détails dans la checklist plus bas)

Le camping

  • Nous avons deux tentes de deux personnes chacune et non une seule de quatre (cela permet d'isoler les enfants et leur assurer un temps calme). A noter que certains campings font payer en partie au nombre de tentes (mais en général le prix n'est pas doublé).
  • Une bonne tente doit être solide et relativement légère (moins de 3 kg pour une tente de 2 personnes) même si ce critère est moins prégnant que pour les randonneurs. A choisir, visez plutôt la solidité d'autant que le prix se joue surtout sur le poids. Nous sommes très satisfait de nos tentes : une MSR Houba Houba (400€ neuf, 1.9kg avec tapis de sol) et une Husky Sawaj 2 (250€ neuf, 2.5 kg) qui ont fait leur preuves sous fortes averses et vents forts. Compter 500g de plus par tente si elle est pliée mouillée.
  • Il convient d'éviter au maximum de plier une tente mouillée et il faut la laisser sécher au premiers rayons du soleil. Quand ce n'est pas possible, prévoir de faire sécher la tente le soir suivant pour éviter que la tente ne pourrisse ou perde son étanchéité. Ne jamais laisser une tente mouillée plusieurs jours dans son étui et bien la faire sécher au retour de voyage.
  • Prévoir impérativement un double toit. Le toit externe ne doit pas toucher le toit interne même par grand vent pour éviter les infiltrations.
  • Attention aux tapis de sols ultra légers : s'ils semblent trop fin (c'est le cas de ma MSR), prévoir un tapis de sol sinon, votre tente ne vous fera pas plus d'un ou deux ans avant d'être trouée de partout.
  • Emmener du ruban adhésif de réparation pour tente, il sert partout (bottes en caoutchouc, remorque…)
  • Prévoir des lampes frontales à LED pour monter les tentes en soirée et pour y voir en soirée. Oubliez les baladeuses et autres lampes torches, beaucoup moins pratiques. Prévoir des piles de rechange. Mes lampes frontales fonctionnent avec 3 piles LR6 et présentent une autonomie de 10J avec des accus sans rechargements intermédiaires. Conservez les lampes à accès rapide (dans le sac de guidon par exemple) pour ne pas avoir à les chercher dans le noir.
  • Prévoir des piquets et non des sardines classiques (qui se tordent). Prévoir un maillet ou un marteau de charpentier de taille raisonnable pour fixer ses piquets même sur un sol difficile (c'est un énorme confort qui permet de plus de gagner beaucoup de temps dans le montage de la tente et de bien mieux la tendre). Il est impératif de toujours fixer les piquets (pour qu'elle ne s'envole pas) et de tendre sa tente au maximum pour assurer son étanchéité (et une meilleur isolation des deux toits). A noter qu'il est également possible de demander aux campings de vous en prêter, mais en prévoir un si vous comptez bivouaquer.
  • Une bonne tente doit disposer d'un et si possible de deux grands vestibules (notamment pour y ranger les chaussures et les sacoches). Certaines tentes possèdent même des vestibules permettant d'y ranger les vélos, je n'ai pas testé et cela ne me semble pas très utile sauf dans les zones vraiment à risque coté vols.
  • Coté cuisine, nous avons quelques casseroles et couverts spécial camping (très légers). Nous avons abandonné les réchauds à gaz (assez légers mais volumineux et très long pour faire bouillir de l'eau) au profil d'un réchaud à bois : le combustible consiste dans les brindilles et branches (mêmes humides) trouvées dans les campings donc rien à porter et le réchaud est 4 à 5 fois plus rapide que le gaz pour faire bouillir de l'eau. Son volume est quasi nul et son poids est faible (600g). Seul bémol : la casserole est noire de suie. Ne pas tenter de laver le dessous, c'est trop de travail : la stoker simplement dans un sac plastique à part. Nous avons rencontré des cyclotouristes pour qui le nec plus ultra était le réchaud à alcool à brûler (pas testé).
  • Pas la peine d'emmener plusieurs couteaux : un bon couteau multifonction type Leatherman fera l'affaire et sa pince pourrait être très utile dans les réparations vélo.
  • En cas de tempête ou de risque inondation, ne pas hésiter (surtout avec des enfants) à dormir à l'hôtel ou dans un gîte d'étape pour jouer la sécurité.
  • Attention, les sacs de couchage sont en général très optimistes concernant leur degré de protection vis à vis du froid !

L'équipement vélo

  • Pas besoin de vélo high-tech pour faire du cyclotourisme. Bien sûr, les vélos de route ne sont pas adaptés. Les VTT le sont un peu plus à condition de les équiper pour en faire des VTC (ajout de garde-boues, de porte bagage…). Néanmoins, le VTT reste un choix difficile car il n'est pas prévu pour le cyclotourisme (il est plus difficile d'adapter des sacoches avant par exemple). Un VTC est souvent un bon choix. Le meilleur vélo reste de vélo de ville. Nul besoin d'acheter un vélo de trekking spécial “tour du monde” à 2000€ !
  • Coté trousse à outil, je ne rentrerai pas ici dans les détails (voir les nombreux sites Internet) mais prévoir au moins un jeu de clé Allen, de clé plates, des patins et un câble de frein, un câble de dérailleur, un tourne-vis cruciforme, au moins une chambre à air de rechange pour chaque diamètre de roue, un kit de réparation de chambre à air, une pompe (de préférence avec un pressiomètre). Pour la part, je stocke tout ce petit matériel dans un porte document en tissu : très pratique, plat et léger !
  • Investir dans de bons pneus, si possible anti-crevaison. Ils sont plus chers que des pneus classiques mais ça le vaut largement. Je conseille particulièrement la marque Schwalbe. Depuis que nous avons ces pneus, nous sommes passé de 5/6 crevaisons par voyage à 0 (depuis deux ans) et c'est non négligeable que de se passer d'une demi-heure à tout démonter (car une crevaison se produit TOUJOURS sur la roue arrière, loi de Murphy oblige) sous la pluie avec en fond les enfants qui hurlent qu'ils ont faim… Les roues doivent être gonflées le plus possible : en plus de limiter le frottement et donc d'aller plus vite, ceci limite les risques de crevaison (pour éviter les pincements de la chambre à air en cas de choc). La pression maximale admissible est indiquée sur le pneu (les pneus de qualité supportent une pression plus élevée).
  • Les lingettes bébé sont très efficaces pour nettoyer les mains pleines de cambouis.
  • Pas besoin d'être un mécano mais pour un petit voyage de quelques semaines, il faut au moins être en autonomie pour réparer une chambre à air (ou au moins la changer), lubrifier une chaîne correctement (à faire tous les 4 ou 5 jours), vérifier et changer des patins de freins.
  • Le problème numéro 1 et pas toujours mis en avant par les adaptes ;-) reste les douleurs aux fesses au bout de quelques dizaines de kilomètres. Ils diminuent avec un peu d’entraînement mais cela risque de gâcher le plaisir du voyage. La meilleure solution reste selon moi la selle en cuir type Brooks B17. Attention : il faut prévoir 300 à 400 km pour “faire” sa selle à ses fesses, j'ai mis environ 400 km et quand je vois la dissymétrie de ma selle, je comprends mieux pourquoi les selles en gel m'ont fait tant souffrir… En complément : prévoir un bon cuissard avec peau de chamois; faire des pauses régulières et se lever sur les pédales dans les descentes. La selle en cuir reste selon moi la meilleure solution sans être néanmoins la panacée : je commence à avoir mal au bout de 50 / 60 km. J'ai testé sans succès les suspensions de tige de selle : à éviter car n'améliore pas significativement le confort et gaspillent une partie de votre énergie de pédalage. Il est également possible d'utiliser des crèmes anti-frottements style crème de change pour bébé.
  • Si vous pouvez éviter, partez sans remorques (plus simple pour le train entre autres) mais c'est difficilement envisageable pour les voyages avec enfants. Jusqu'à 6 ou 7 ans, une remorque enfant semble incontournable et présente de nombreux avantages comme le fait d'avoir un point sec et protégé pour les enfants par tout temps et leur fournir un endroit pour faire la sieste. Nous avons actuellement une remorque enfant accueillant un seul enfant, l'autre étant sur un siège fixé sur l'un de nos vélos). Nous avons également une remorque mono-roue (BOB IBEX) pour porter le matériel de camping. La remorque mono-roue BOB se sent à peine (suspensions) et roule dans le sillon du vélo la tractant. Le problème principal de la remorque enfant est le fait qu'elle possède deux roues latérales; ceci est particulièrement problématique dans les chemins de terre car il y a toujours une roue qui “frotte” dans l'herbe. Pour les enfants plus grands, la solution “vélo suiveur” type “Follow Me” est sans doute préférable, nous la testerons bientôt.
  • Choisir de bonnes sacoches. Pour notre part, nous avons uniquement des sacoches avant et pas encore de sacoches arrières. La marque Ortlieb nous convient parfaitement. Même si ces sacoches sont sensées être étanches, stockez toujours vos affaires dans de solides sacs poubelle. Marquez vos sacoches, par exemple avec du chatterton de couleur pour les reconnaître rapidement et ainsi gagner beaucoup de temps. Nous avons une sache “V” pour vêtements, une sacoche “C” pour cuisine, etc. Le must c'est de prévoir un rangement par occasion : petit repas / grand repas/ coucher / passage au lavage / secours / pluie / vêtements.
  • Prévoir une sacoche de guidon, très pratique pour y déposer les objets en accès rapide. Éviter les sacs en grille métallique qui sont lourds et peuvent abîmer les câbles du vélo.
  • Prévoir un bon compteur cycle si possible avec vitesse moyenne.
  • Pour l'orientation, si (comme nous) vous ne disposez pas de GPS, prévoir une carte, un porte carte orientable et une boussole. Il existe des sonnettes boussole très pratiques.
  • Il est important de changer souvent de position au niveau des mains (avec une fréquence de l'ordre de quelques minutes) pour éviter les tendinites ou le syndrome du canal carpien (oui, comme pour les clics de souris). Pour cela, le mieux reste le cintre “rando” multi-positions mais sans changer votre cintre droit, il est possible de simplement ajouter des cornes de guidon qui apportent un confort certain.

La nourriture

  • Penser qu'il est difficile de trouver à manger en pleine campagne et plus encore le dimanche et le lundi.
  • Prévoir au moins un repas de secours déshydraté que vous garderez en dernier recours.
  • Prévoir 5l d'eau (hors bivouac sinon, prévoir plus d'eau pour se laver). L'eau se trouve assez facilement, notamment dans les cimetières. Même si ça pèse, penser à “recharger” dès que possible. Utiliser un ou deux bidons sur le cadre, en plus d’être pratiques, ils assurent une meilleur répartition du poids sur le vélo. J’utilise pour ma part deux bidons de 75cl. Privilégier les bouteilles d'eau très solides (type eau minérales) et prévoir plutôt plusieurs bouteilles qu'un gros bidon pour répartir le poids, faciliter le rangement et rester modulaire.
  • Prévoir des aliments à fort densité calorifique comme les quatre-quarts.

L'habillement, la gestion de la pluie et du soleil

  • Nous lavons nos vêtements en machine dans les campings lorsqu'ils disposent d'un sèche linge (le linge n'a pas le temps de sécher en itinérance). Peu de campings disposent de sèche-linge; dans ce cas nous cherchons des laveries dans les petites villes. Nous faisons une lessive tous les 3 à 4 jours.
  • On doit pouvoir tenir des pluies fortes, imaginez-vous et votre matériel sous une douche ou presque (cela nous est arrivé cet été). Dans ce cas, à moins de s'abriter, il ne sert pas à grand chose de se protéger : le mieux l'été est au contraire de se mettre léger puis de se laisser sécher quand le soleil réapparaît. En revanche, il faut absolument éviter que les vêtements de rechange et les duvets soient trempés, d'où l’intérêt de toujours doubler les sacoches avec des sacs poubelle.
  • D'une façon générale, les sacs poubelles (solides) grands et petits sont toujours très utiles, en prévoir un petit stock en partant.
  • Coté chaussures, le mieux l'été est de porter de simples sandales : confortables, ne nécessitant pas de chaussettes et séchant rapidement après la pluie. Je pars toujours avec une paire de sandales en mousse (très légère) pour rouler ou pour se détendre les pieds le soir. Attention néanmoins aux sandales si vous avez des problèmes de genoux (type syndrome de l'essuie-glace) car le pieds est moins bien tenu. Sinon, une simple paire de vieilles tennis fera l'affaire (aucun besoin de matériel particulier de ce coté). Ma conjointe préfère les pataugeas : grosse semelle bien protectrice en tissu léger pour protéger le pied sans l'étouffer
  • Le problème avec les tennis, c'est qu'une fois mouillées, elles sont très longues à sécher. Pour cela, je prends des guêtres. Attention à mettre les guêtres SOUS le panthalon imperméable et pas dessus sinon la pluie entre entre les deux.
  • Je suis un grand fan (pour le cyclo-tourisme) des t-shirts 100% polyester type course à pied : ils sont très légers (même mouillés), sèchent très vite, sont faciles à nettoyer (y compris à la main), sont peu volumineux. Pour les raisons inverses, éviter les T-shirts en coton.
  • Je n'aime gère les K-Way (haut et bas) car ils sont trop chauds en pédalant.
  • Ne jamais stocker un vêtement mouillé dans un sac : il pourrirait très vite. Il faut l'accrocher quelque part sur le vélo ou une remorque pour le faire sécher.
  • Le soleil est agréable mais peut devenir problématique : risque de coups de soleil (nous avons des casquettes avec protection nuque) et grande consommation d'eau obligeant à porter plus lourd (prévoir au moins 1.5 à 2l d'eau supplémentaires)
  • Le sac banane n'est pas le comble du raffinement mais est vraiment pratique pour y stocker à accès rapide ses clés, ses lunettes, ses papiers etc. Un must selon moi.

La gestion des enfants

  • Il n'y a pas d'âge minimal pour partir avec un enfant, lors de notre premier voyage, notre fille avait un an. Bien entendu, prévoir d'emmener des couches pour les tout-petits, il ne faut surtout pas mouiller un duvet !
  • Il est souvent difficile de gérer deux jeunes enfants dans une même remorque à moins qu'ils soient particulièrement calmes. Mieux vaut les séparer et en mettre un en alternance sur un siège enfant d'un des vélos.
  • Soyez vigilant(e)s avec les piquets et fils de tension des tentes sur lesquels les enfants peuvent tomber. Idem avec le réchaud …
  • Prévoyez de nombreuses pauses pour que les enfants puissent courir et se dépenser. Ne pas prévoir plus de 4 ou 5h de pédalage effectif par jour.

Notre Checklist

Vélos
[] Kit réparation chambre à air
[] Une chambre à air par diamètre de roue
[] Clé Allen, clés plates de 8, 9, 10, 13, 15
[] Une burette de lubrifiant (l'huile de vaseline bon marché suffit)
[] Patins et câble de frein de secours
[] Une pompe, de préférence avec pressiomètre
[] Cartes/guides
[] GPS / Smartphone
[] Eau : 2 bidons de 75cl, 1 bouteille 30cl enfants, 1 bouteille 1.5l solide, 1 bouteille de 1l, 1 bouteille 1.5L vide en réserve
[] Porte-cartes
[] Compteur cycle avec fonction vitesse moyenne

Camping 
[] Réchaud à bois
[] Allume-feu
[] 2 briquets
[] Couverts légers
[] Assiettes et casserole
[] 2 tentes
[] Petits cadenas pour les tentes
[] 2 lampes frontales
[] Piles rechange  LR3
[] 1 pile bouton 2032 pour le compteur cycle 
[] 4 sacs couchage
[] Sacs poubelle de 150L pour les sas couchage/tentes
[] 2 rouleaux papier toilette
[] 1 couteau multifonction type Leatherman
[] 4 Bouchons oreille 
[] Ruban adhésif tente
[] Crème solaire
[] 1 déodorant solide
[] 2 gants de toilette
[] Répulsif moustiques
[] 1 petit savon naturel : remplace shampoing, dentifrice, lessive
[] 1 sac banane
[] 1 stylo feutre + une feuille A4
[] 1 trousseau de clé avec toutes les clés du voyage
[] 1 tendeur
[] 2 doses de lessive
[] 1 panneau solaire portable

Vêtements par personne (incluant ceux portés)
[] 4 sous-vêtements
[] 2-4 paires chaussettes (si besoin)
[] 4 T-shirts/maillots
[] 1 pyjama/jogging
[] 1 pantalon
[] 1 short
[] 1 pull/polaire
[] 1 coupe vent en cas de temps frais
[] 1 casquette
[] 1 paire de sandales en mousse
[] 1 paire de bottes pour les enfants
[] Imperméable, guêtres

Sécurité 
[] Casques
[] 5 Chasubles réfléchissantes
[] Trousse soins : contenant : antiseptique, pansements/bandes, seringue anti-venin (optionnel), paire de ciseaux à ongle, pince à épiler (pour les piqûres d'insectes), pince à tique, gaze, anti-diarréique, paracétamol.
[] Vérifier pression des pneus
[] Téléphone + chargeur 
[] un panneau solaire portable
[] Pièces d’identité
[] Numéros d'urgence perte argent, assurances...

Divers 
[] Petit rouleau de sacs poubelle solides
[] Maillots bain
[] Appareil photo (vider les photos sur le PC avant de partir)
[] Lunettes de soleil 
[] Petit sac pour visites à pieds
[] Chargeur de piles LR3/LR6
[] Compter argent au depart
cyclotourisme.txt · Last modified: 2016/07/18 19:33 by bflorat